SFLS 3ème Forum - Encore 6000 découvertes de VIH+ par an en France, scandale ou fatalité? "Médecine des 4P"

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L’infection par le VIH est devenue une maladie chronique qu’il est possible de soigner dès lors qu’elle est dépistée et que les personnes  sont  observantes  de  leur  traitement,  le  cas  de  plus  de  90%  d’entre  elles.  Le  nombre  de  découvertes  de séropositivités est stable en France de l’ordre de 6 000 par an, ce qui peut être considéré comme un échec de la prévention. Sur ce constat et dans le contexte des objectifs de l’ONU SIDA, il est permis de s’interroger sur des changements de paradigmes dans la prise en charge et la prévention pour les personnes vulnérables à l’infection à VIH. Nous nous sommes intéressés à la médecine dite « personnalisée », consistant à soigner en fonction de réactions présumées, prenant en considération l’individu dans sa globalité et le plaçant au centre du soin, également nommée la médecine des « 4P » :

Prédictive : avoir connaissance des possibilités de développer certaines maladies selon des caractéristiques biologiques (génétiques, bio-marqueurs …) et facteurs comportementaux ;

Préventive : favoriser des stratégies visant à réduire les risques ;

Personnalisée : utiliser des méthodes diagnostiques, thérapeutique, préventives… adaptées à chaque personne ;

Participative: permettre à chaque personne de devenir gestionnaire et acteur de sa santé en faisant ses choix en toute connaissance de cause.

Quelle utilité clinique à la médecine personnalisée ? Quels impacts médico-économiques ? Que devient la relation soignant-

soigné avec les exigences de numérisation de tous les paramètres individuels ? Dans un environnement de progrès scientifiques et technologiques, en apportant une connaissance plus globale sur les personnes, quelles conséquences éthiques et juridiques ? Et enfin, pour les acteurs de la lutte contre le VIH, quels enseignements pour aborder ce chiffre stable de 6 000 nouveaux cas par an en France ?

L’évolution sociétale, au cours de laquelle la distance entre prévention et soin s’amenuise, est possible car les médecins ne sont plus la source unique d’information. Cela laisse au patient la possibilité de discuter de ce qui lui convient pour obtenir une prise en charge réellement « personnalisée ». Le patient veut aussi être en position d’assumer ses responsabilités. Les nouvelles technologies (NTIC) lui permettraient alors de devenir davantage acteur de sa santé et participerait au schéma de la démocratie sanitaire.